La douchette coûte trente euros. La vraie question n'est pas là : c'est de savoir s'il faut coller une étiquette sur chacun de vos huit cents livres, et la réponse est non — pas sur tous.
Deux code-barres, et il faut les distinguer
Le premier est imprimé par l'éditeur au dos du livre : c'est l'EAN-13, qui encode l'ISBN. Il identifie l'œuvre — l'édition, plus exactement. Tous les exemplaires du même tirage portent le même.
Le second est celui que vous collez : il identifie votre exemplaire. Vos trois copies du Petit Prince en ont trois différents, parce que c'est l'objet physique qu'on emprunte, pas le titre.
Cette distinction n'est pas théorique. Sans étiquette, vous savez qu'un Petit Prince est sorti ; vous ne savez pas lequel, ni lequel est abîmé, ni lequel est sur la table de l'entrée.
À quoi sert chacun
| Le code-barres de l'éditeur | Votre étiquette | |
|---|---|---|
| Identifie | L'édition | L'exemplaire |
| Sert à | Cataloguer : retrouver la notice | Prêter et rendre |
| Absent sur | Les livres d'avant 1970, les dons anciens | Rien, vous les fabriquez |
Autrement dit : le code de l'éditeur vous fait gagner du temps une fois, au catalogage. Votre étiquette vous en fait gagner à chaque prêt, pour la vie du livre.
Ce que ça change au comptoir
Un prêt sans douchette, c'est : chercher le lecteur dans une liste, chercher le titre dans une autre, cliquer, recommencer. Comptez une minute par livre en étant honnête, plus si le titre est mal orthographié dans votre tête.
Avec une douchette : la carte du lecteur, puis les livres, l'un après l'autre. Le lecteur repart en trente secondes quel que soit le nombre de livres.
Le gain n'est pas seulement du temps, et c'est ce qu'on ne voit qu'après un mois : les erreurs disparaissent. Personne ne prête un exemplaire à la place d'un autre, personne ne se trompe de lecteur homonyme, personne ne rend un livre qui n'était pas sorti. Sur un samedi d'affluence, c'est là qu'est la vraie économie.
Alors, sur quels livres ?
La règle qui marche :
- Une étiquette sur chaque exemplaire que vous prêtez. Sans exception — c'est elle qui identifie l'objet.
- Rien sur ce que vous ne prêtez pas : usuels, revues en consultation, fonds en attente de tri.
Et surtout : le code-barres de l'éditeur ne remplace pas l'étiquette, même quand il est là. Deux exemplaires du même livre porteraient le même code, et le logiciel ne saurait plus lequel est chez qui.
Le cas qui change tout : vous quittez un autre logiciel
Si vos livres sont déjà étiquetés par un logiciel précédent, ne recollez rien.
Un export UNIMARC correct contient les code-barres existants (dans la zone 995), et Lirevia les reprend tels quels. Vos étiquettes actuelles continuent de fonctionner. Sur trois mille ouvrages, c'est la différence entre une migration d'une soirée et un chantier de plusieurs week-ends — sans compter les trois mille occasions de se tromper en recollant.
C'est le point à réclamer par écrit à votre prestataire : un export UNIMARC complet, exemplaires et code-barres compris. Voir reprendre un fonds existant.
Fabriquer les étiquettes
Lirevia attribue les numéros à la suite — « LIV-0001 », « LIV-0002 » — selon un gabarit que vous pouvez changer, et génère les planches en PDF.
Trois formats de planches Avery sont proposés, et le choix n'est pas neutre :
- 21 étiquettes par feuille (L7160) : le format courant et le plus confortable. Le code-barres et le titre tiennent tous les deux, ce qui permet de vérifier qu'on colle la bonne étiquette sur le bon livre.
- 40 par feuille (L7654) : plus serré, encore lisible.
- 65 par feuille (L7651) : le plus dense. Le code-barres seul, le titre y est illisible. À réserver aux gros lots où l'on colle dans l'ordre sans vérifier.
Un détail qui trahit l'usage réel : vous pouvez indiquer à partir de quelle case imprimer. Une planche entamée la semaine dernière se reprend là où on l'avait laissée, au lieu de gâcher une feuille pour trois étiquettes.
Où coller
Peu importe l'endroit, à condition qu'il soit toujours le même. Le bénévole du samedi doit pouvoir présenter le livre à la douchette sans le retourner dans tous les sens.
L'usage le plus répandu est la quatrième de couverture, en bas à droite, près du code de l'éditeur mais pas dessus — recouvrir l'EAN vous priverait du catalogage rapide si vous ajoutez un exemplaire plus tard. La deuxième de couverture est une alternative si vous protégez vos livres par un film adhésif : l'étiquette passe dessous et ne se décolle jamais.
La douchette
N'importe quel lecteur USB filaire à trente euros fait l'affaire. Il se comporte comme un clavier : rien à installer, rien à configurer. Il tape les chiffres puis valide, exactement comme si vous les saisissiez à la main.
Deux points à vérifier à l'achat : qu'il lise bien les codes 1D (EAN-13 et Code 128, ce qui est le cas de tous les modèles courants), et qu'il soit filaire plutôt que Bluetooth — au comptoir, un appareil qui ne se recharge pas et ne se déconnecte pas vaut mieux qu'un appareil sans fil.
Et si vous voulez essayer avant d'acheter : l'application mobile lit les code-barres avec l'appareil photo du téléphone. C'est plus lent qu'une douchette pour une file d'attente, mais parfaitement suffisant pour se faire une idée — et pour cataloguer tranquillement un carton de dons.
En résumé
Oui, une étiquette sur chaque livre que vous prêtez. Non, pas sur ce qui reste sur place. Non, jamais à la place du code de l'éditeur. Et si vos livres sont déjà étiquetés, ne recommencez surtout pas : reprenez les codes existants.
Identifiants : admin / Admin1234. Générez une planche d'étiquettes depuis le catalogue : le PDF s'ouvre directement.